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Documents sur l’ancien couvent des Ursulines de Marcigny et les peintures du plafond de la chapelle

L'ancien couvent des Ursulines à Marcigny

L'ancien couvent des Ursulines à Marcigny (XVIIe siècle).
La chapelle est actuellement le cinéma Vox - Cliquez pour agrandir la photo

1. Marcigny : ancien couvent d'Ursulines  aujourd'hui école et cinéma

Source : Ministère de la Culture, base Mérimée.

Description historique : À leur arrivée à Marcigny en 1643, les Ursulines s'installèrent dans un "logis Saint-Christophe", puis établirent "deux années plus tard" leur propre couvent (Source : Inventaire Oursel citant Edgard Ducroux). Vendu à la Révolution, le couvent fut transformé en collège. Le corps de bâtiment principal s'est vu adjoindre un second bâtiment de salle de classes au cours du 19e siècle. L'aile ouest du couvent abrita un temps un théâtre, qui fut transformé en cinéma au cours du 20e siècle. En 1983, ce cinéma était fermé depuis une date inconnue, puis fut rénové en 1988 par les architectes O. Daublain et P. Hanssen, de Montbrison, pour être inauguré en 1990.

Commentaire descriptif de l'édifice : Bâtiment principal construit sur un plan en U, rez-de-chaussée, deux étages carrés et combles  toit en longs pans avec croupes en tuile mécanique. L'aile abritant le cinéma s'est vue ajouter une structure d'accueil en aluminium et plastique sur la rue. La cour côté rue est fermée par une grille portant l'inscription " École primaire supérieure et agricole". À l'intérieur, on peut remarquer un escalier en pierre au centre du bâtiment, ainsi qu'un plafond peint.

Arrêté portant inscription au titre des monuments historiques du plafond de la chapelle de l'ancien couvent des Ursulines (2010).

2. Peintures monumentales

Source : Ministère de la Culture, base Palissy

Description

Catégorie technique : peinture.
Matériaux et techniques d'intervention : bois (support) : peinture à l'huile.
Indexation iconographique : sainte Barbe  sainte Cécile  représentation d'objet : ostensoir  ange : violon  ange : viole  ange : trompe  ornementation : à cuir découpé  ornement à forme végétale : à rinceaux : acanthe. Description de l'iconographie : Chœur, voûte (décor disparu) : dans des cadres en trompe-l’œil, l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Présentation au temple. Rinceaux d'acanthes, anges musiciens et anges portant les instruments de la Passion. Nef, plafond lambrissé, sur la partie plane : quatre grandes figures dont deux encore identifiables (sainte Barbe, sainte Cécile jouant de l'orgue), un ostensoir (sur fond de paysage ?). Nef, plafond lambrissé, sur les voussures : des anges musiciens dont un violoniste et un joueur de viole de gambe. Communs toutes les parties du décor : des rinceaux d'acanthes, des anges sonnant de la trompe émergeant de culots végétaux, des motifs de cuirs découpés.

Historique

Siècle de création : milieu 17e siècle.
Auteur de l'œuvre ou créateur de l'objet : auteur inconnu.

3. Archives départementales de Saône-et-Loire, Inventaire du patrimoine - Marcigny, collège et théâtre

Description de l'édifice : Collège (ancien couvent des Ursulines).
Dates de l'élément : 17e s.
Date de la fiche : 1972 (Anne-Marie Oursel)
Cote de l'original : 5 FI 275/1

"Les Dames Ursulines arrivèrent à Marcigny le 21 avril 1643 (lit-on dans les Archives municipales) et leur première demeure fut le logis Saint Christophe, qui fut béni le jour de Saint-Marc, 25 avril 1643."

Quelques années plus tard, elles firent construire le vaste bâtiment occupé actuellement par l’école de garçons. "Le toit qui fait face à la place était orné, primitivement, de quatre jacobines, et un gracieux clocheton, placé sur le milieu de la faîtière, venait en rompre la monotonie... L'aile gauche renfermait la Chapelle, c'est aujourd'hui le Théâtre municipal. Malgré les réparations effectuées au moment de sa transformation, on aperçoit encore dans cette salle, à la voûte du chœur, de fort belles peintures à la fresque. "Au milieu de cette voûte est une clef pendante décorée de fleurs naturelles... La nef est couverte par un grand plafond en bois lambrissé, peint à l'huile, avec des voussures retombant de chaque côté sur les murs, et décorées, elles aussi, de motifs exécutés par des artistes d'un réel talent." (François Ginet-Donati, début de la citation : Dr Edgard Ducroux).

Le Directoire du District invita les Ursulines à quitter leur demeure vers le milieu de l'année 1792. Dès le mois de novembre, l'abbé Benoît Guillard, prêtre assermenté, acheta l’immeuble et y transporta le Collège qu'il avait installé au Couvent des Récollets. Mais quelques années plus tard, il revendait le Collège à la ville de Marcigny qui l'affecta à la même destination. Les Archives départementales de Saône-et-Loire conservent, dans la série O, un devis descriptif et estimatif de 2 000 francs, de réparations au Théâtre (11 février 1885).

- Livre du Dr Edgard Ducroux, Marcigny et ses vieux souvenirs (1946).
- François Ginet-Donati, Les peintures de la chapelle des Ursulines à Marcigny, dans : Société d’Études du Brionnais, 1934, pp. 133-135.

4. Ancien couvent des Ursulines à Marcigny

Source : Site Monumentum

Monument Historique
Adresse renseignée dans la base Mérimée : 71110 Marcigny - France, code Insee de la commune : 71275, Saône et Loire [71] - Bourgogne-Franche-Comté.
Adresse approximative issue des coordonnées GPS : 12 Rue des Écoles, Marcigny
Éléments protégés : Le plafond de la chapelle, y compris la charpente, la couverture et les murs qui le portent (cadastre AL 246) : inscription par arrêté du 26 novembre 2010.
Historique : Le couvent des Ursulines a été édifié au milieu du XVIIe siècle. En 2003, des travaux menés dans l'ancienne chapelle du couvent ont mis au jour le décor peint de la voûte lambrissée et compartimentée de la nef. Autour de quatre grandes figures (dans la partie plane) et d'anges musiciens (sur les voussures) se déploient des motifs décoratifs : rinceaux d'acanthe, anges sonnant de la trompe émergeant de motifs végétaux, grappes de fleurs et de fruits, motifs de cuir découpés et une inscription « INRI JESUS MARIE ». Le plan du plafond, daté de 1678, est conservé dans le recueil des œuvres de l'architecte Jeresmie de La Rue. Périodes de construction : milieu XVIIe siècle.
Propriété de la commune.

5. Les Peintures de la Chapelle des Ursulines à Marcigny, par François Ginet-Donati

Source : Bulletin de la Société d'études du Brionnais, 1934, pp. 133-135.

« Les Dames Ursulines arrivèrent en cette ville le 21 avril 1643, leur première demeure fut chez M. Jaquet, au logis Saint-Christophe  où il fut béni par M. Louis Verchère, curé, le jour de St-Marc, le 25 avril 1643 puis le 1er février 1645, il a béni la cloche qui fut nommée Jeanne-Louise, le parrain fut messire Louis Durier, châtelain, la marraine, Mlle Jeanne Brancion, veuve de honorable Jean Gregaine  le même bénit leur église le jour de St-Georges, le 23 avril 1647. »

Les grands bâtiments qui furent élevés par les Dames Ursulines sont aujourd’hui occupés par l’école primaire de garçons  ils sont formés d'un corps de bâtiments prolongé sur ses deux ailes à angles droits. À l’aile gauche se trouve la chapelle transformée aujourd’hui en théâtre municipal. Le grand toit faisant face à la place du conventionnel Reverchon était autrefois pourvu de quatre grandes jacobines, surmonté sur le milieu de la faîtière, d’un clocheton  ce qui rompait la monotonie de ce toit qui, vu de la place, paraît immense. L’aile gauche qui renferme la chapelle mesure environ 26 mètres, nef et chœur compris, sur 10 mètres de large, un escalier pris dans l’intérieur de la nef, part du sol, arrive à la hauteur du plancher, puis une tribune le surmonte faisant face à la scène. Le plancher est élevé à environ 3 mètres au-dessus du sol, vers la scène il est surélevé d’environ deux mètres. Le chœur qui est voûté d’arêtes avec clef pendante est contourné de quatre arcades avec cintre surbaissé, l'arcade qui fait communiquer le chœur à la nef est à jour, elle est munie d'un rideau de théâtre. Cette voûte est peinte à la fresque.

Le grand plafond de la nef est en bois avec des voussures qui retombent d'environ 1 m. 20 sur les murs. Il se compose d'un grand panneau central formé d'un rectangle, terminé à ses extrémités par deux demi-cercles. Il est encadré d'une forte moulure que nous retrouvons entourant d'autres panneaux de plus petites dimensions, dans les voussures, ces panneaux forment des rectangles ou des triangles qui ont pour base une forte corniche. Ce plafond mesure environ 16 mètres sur 10, il est actuellement recouvert d'une toile au niveau de la corniche, sorte de velum, la salle servant aujourd'hui de cinématographe.

Sur la voûte du chœur sont figurés au milieu des cintres, quatre grandes compositions, encadrées d’une fausse moulure en imitation de marbre, avec dans les angles, des feuilles d'acanthes imitant l'or. Ces compositions sont tirées de la vie de la Vierge et représentent l'Annonciation, la Nativité, la Présentation, la Visitation. Dans le panneau de la Nativité, se déroule un long phylactère portant ces mots « Gloria in exelciss deo ». Tous les personnages qui animent ces compositions sont de grandeur nature, très bien dessinés, ils indiquent une main très exercée.

Dans la partie basse des voûtes, sont peints de riches rinceaux de feuilles d'acanthes, imités de Bérain, au milieu de ces enroulements sont figurés des angelots d'une exécution parfaite, les uns sonnent de la trompette, les autres portent les divers instruments de la Passion  les uns portent l’échelle, d’autres la lance, d’autres encore sont porteurs d’un marteau, d'autres de tenailles, etc.

Sous les intrados se voient deux panneaux très allongés, c'est une imitation parfaite du style de Bérain, on y retrouve cette même coquille très ornée et sous des enroulements de feuillage s'échappe un vase aux délicates arabesques.

Au milieu de la voûte est une clef pendante limitée en haut par la fausse moulure en marbre, cette clef est décorée de fleurs naturelles, comme il s’en faisait beaucoup au temps de Louis XIII, époque où la peinture fut peut-être la plus répandue dans les châteaux, dans les couvents.

Le grand plafond de bois lambrissé qui couvre la nef est peint à l'huile. Les principales compositions qui occupaient la partie centrale et les quatre panneaux sur les côtés furent effacés  la disparition de ces peintures est d'autant plus regrettable que tous les ornements et figures qui les encadrent sont d’un dessin très juste et d'une exécution parfaite.

Aux quatre coins du grand panneau central se voient de grands rinceaux de feuilles d’acanthes accompagnés de cartouches aux cuirs retroussés  au milieu des rinceaux se voit une renommée assise dans une attitude très calme sonnant de la trompette.

Dans les voussures, au milieu des panneaux en forme de triangles sont figurés les monogrammes de la Vierge, dans d’autres sont peints des vases de fleurs naturelles, puis dans d’autres panneaux de dimensions plus grandes se voient des musiciens vus à mi-corps, le bas du panneau portant sur la corniche.

Tous ces motifs se détachent en teintes très vives sur un fond clair. Les baguettes formant moulures qui encadrent les compositions et relient ensemble toutes les parties ornées, sont peintes en blanc avec deux baguettes d’une teinte jaune imitant l’or. Non seulement il existait les peintures de ces voûtes, mais les murs étaient décorés, malheureusement il n’en reste rien, divers badigeonnages ont tout effacé.

Cette chapelle où furent enfermés les suspects, les pères et mères d’émigrés, les prêtres insermentés à l’époque révolutionnaire, servit aussi de salle de réunion, de salle de bal, de théâtre municipal, nous ignorons à quelle époque les peintures des panneaux furent détruites. Bien que l’on retrouve encore quelques traces de figures, la reconstitution nous en semble impossible.

Dans ces mêmes bâtiments des Dames Ursulines il existait encore d'autres appartements possédant des peintures de style Louis XIV. Nous avons retrouvé sur d’anciens plafonds à la Française des traces de peintures. À Marcigny il existait des peintures de cette époque ornant le plafond d’une maison bourgeoise rue de l’Hôtel-de-Ville. On en retrouve encore à l’école de garçons à Semur-en-Brionnais où habitèrent autrefois les prêtres du chapitre  à Oyé où est peinte la voûte de la chapelle de Sancenay  à Iguerande également dans une chapelle.

Mais ces travaux que nous connaissons dans le Brionnais sont loin de valoir les peintures de l’église des Dames Ursulines de Marcigny  elles furent exécutées par des artistes d'un réel talent comme ceux qui travaillèrent à la chapelle des Nérestang à l’église de la Bénissons-Dieu. À cette époque nous voyons ces confréries de peintres sous la conduite d’un maître, se déplacer et aller travailler d’un couvent à l’autre.

6. Livre de dessins de Jérémie de la Rue (Manuscrit daté de 1670, conservé par les Amis des Arts de Charlieu et reproduit en fac-similé en 2025)

Recherches sur Jérémie de la Rue (1638-1706), charpentier et architecte de Charlieu, et son Livre de dessins.

En tête de son Livre de dessins, Jérémie de la Rue a établi une liste des ouvrages qu'il a dessiné, voici les numéros des folios et photos consacrés à Marcigny :

70. Lambris de Sainte Ursule de Marcigny à l’église sur quoi je l’ai fait.
93 à 102. Les dessins de Sainte Ursule de Marcigny que j’ai bâti : f°93, f°93v, f°94, f°94v.
112 et 113. Le panneau de la porte d’église de Sainte Ursule de Marcigny.
120. Pavillon? des sacristies de Sainte Ursule de Marcigny que j’ai fait.
123 et 124. Le dessin de la maison de Mr Popelin de Marcigny, les chevrons en travers : f°123, f°123v.

École primaire supérieure et agricole de Marcigny (71)

Carte postale ancienne de l'École primaire supérieure et agricole - Cliquez pour agrandir
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