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Église romane de Varenne-l'Arconce

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La cloche a quitté son clocher. Manœuvre impressionnante, la semaine dernière au village. La cloche du XVIe siècle, de 400 kg, a été descendue du clocher pour restauration. Patrick Gelet, horloger-campaniste de Saint-Julien-de-Civry, est intarissable sur les cloches. Avec son acolyte de Lyon, Eric Desmarquest, responsable entre autre de l'horloge astronomique de la cathédrale Saint-Jean, ils ont procédé à une opération rare et délicate : descendre l'une des deux cloches de l'église romane pour l'envoyer en réparation. Environ 80 personnes se sont déplacées pour assister à l'opération. On notait la présence de Christophe Lagrange, curé de Montchanin, membre de la Société de campanologie (SFC), chargé de recenser les cloches. Jean-Paul Lamotte, maire du village, était évidemment présent avec une partie de son conseil. Mihran Amtablian, président de l'association pour la sauvegarde de l'église de Varenne-l'Arconce, cheville ouvrière de ces travaux, a observé la manœuvre avec attention. La cloche perchée depuis 480 ans. Eric Desmarest est monté au sommet du clocher défaire le palan et le joug supportant la cloche, servant à sa volée. 480 ans qu'elle n'était pas descendue de son perchoir ! Dans l'église, tous avaient le nez en l'air, vers la voûte précédant le chœur. Soudain elle apparassait, doucement, passant l'oculus de 92 cm qui lui permettait d'arriver au sol (son diamètre est de 88 cm). Pendant qu'elle descendait avec une extrême lenteur, le curé racontait que récemment, dans la Nièvre, une cloche est tombée pendant la messe ! Un autre demande si on va la refondre... Caméras et appareils photos mitraillent l'action. Le maire tient un maillet pour prévenir, là-haut, qu'elle est bien arrivée. Quand elle touche enfin la terre ferme, on se précipite, on essaie de déchiffrer les inscriptions en gothique et en latin. On les photographie pour que le Centre d'étude des patrimoines les décrypte. Avant qu'elle ne parte à Nantes pour réparation, la cloche est emportée sur une l'aire de lavage afin d'être nettoyée à la lessive des fientes de chouettes, pour faire ressortir sa couleur naturelle. En danger de fracture, la cloche doit être restaurée par un atelier spécialisé, notamment au niveau du point de frappe. Article paru dans le JSL le 10/09/2013 et rédigé par Fabienne Croze.

Une cloche de 400 kg et 500 ans. La cloche de Varenne date du XVIe siècle (80 cloches du XVIe en Bourgogne, dont 35 en Saône-et-Loire). En cours d'inscription aux Monuments historiques, elle comporte des caractères gothiques, en latin. Le poids des cloches du département (qui en détient plus qu'ailleurs), se situe entre 250 et 600 kg, excepté celle d'Iguerande qui pèse 1500 kg. Chaque clocher possède entre une et quatre cloches. Une cloche est faite de 78 % de cuivre et 22 % d'étain. Pour les cloches anciennes, ces proportions ne sont pas toujours respectées : on trouve aussi du plomb (son plus feutré), de l'argent, parfois de l'or. À la révolution, les cloches en parfait état ou de belles sonorités ont, en général, été épargnées. Les cloches, instrument de musique (vase sonore), peuvent se dégrader comme n'importe quel instrument. En France, 1140 cloches du XVIe sont protégées. Moins de 1000 sont en activité. Article paru dans le JSL le 10/09/2013 et rédigé par Fabienne Croze.

La cloche de l'église en partance pour Nantes. La cloche a été descendue de son joug par Patrick Gelet, maître campanaire. Lorsque l'on pense aux cloches, notre imaginaire, remontant à l'enfance, les voit partir vers Rome pour les fêtes de Pâques. Avec la cloche de l'église de Varenne, nous ne sommes plus dans les festivités mais dans le patrimoine en péril. Cette magnifique cloche du XVIe siècle, en cours de classement aux Monuments historiques, a grand besoin d'être restaurée. Elle est cernée par une frise en lettres gothiques portant la date de MDXXXIII, soit 1533. Tout le village - et toutes personnes le souhaitant - est invité à assister jeudi 5 septembre, à 10 h 30, à sa descente du clocher. Quand elle aura touché terre, elle sera exposée tout le week-end des 7 et 8 septembre. Après quoi, elle sera emportée vers Nantes pour être restaurée. Patrick Gelet, maître campanaire, vivant à Saint-Julien-de-Civry, l'a, d'ores et déjà descendue de son joug. Article paru dans le JSL le 03/09/2013 et rédigé par Fabienne Croze.

info Inventaire des cloches de Saône-et-Loire

info Restauration de cloches par la société Bodet à Trémentines (Maine-et-Loire)

Grand toilettage des statues. Cet été, deux statues de l'église vont partir en restauration. Et la cloche, elle, partira en septembre chez un fondeur nantais. Nadia Bertoni et Stéphane Cren sont restaurateurs de statues en bois polychrome, à Chenôves, près de Buxy. Pour le canton de Semur, ils ont déjà en charge la restauration de la vierge d'Iguerande. Ils vont également remettre sur pied les statues placées au-dessus du porche d'entrée de l'église de Varenne. Nadia possède le titre de conservatrice-restauratrice. Elle est, par ailleurs, diplômée de l'université de Paris I-Sorbonne, habilitée Musées de France. Elle vient d'obtenir un doctorat pour son travail de recherche sur la statuaire de Bourgogne, des XI et XIIes siècles, en bois polychrome. Jusqu'à présent, aucune exploration scientifique n'avait concerné ce thème spécifique. Nadia Bertoni pense que le christ classé du XIIIe (en très mauvais état, lui aussi) date du tout début XIIe : il serait donc le plus ancien de Bourgogne et l'un des plus anciens de France. Mihram Amtablian, président de l'association pour la sauvegarde de l'église, a fait venir l'électricien Philibert, de Saint-Christophe, car il possède une nacelle permettant d'aller chercher les statues sans les détériorer d'avantage. Pour l'instant, seules deux statues partiront en restauration. Comme nous sommes dans une période de grande activité pour les vers, ils seront d'abord désintoxiqués dans une housse spéciale. Les statues sont du XVIe siècle. Deux sont classées à l'inventaire des Monuments historiques et une inscrite à l'inventaire complémentaire. La cloche du XVIe partira, elle, en septembre chez un fondeur nantais. La totalité du programme s'élève à 22.000 €. M. Amtablian rappelle que l'on peut participer à la restauration de ce patrimoine et profiter d'une réduction d'impôts. Article paru dans le JSL le 04/08/2013 et rédigé par Fabienne Croze.

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